Prix du carburant : les infirmiers libéraux en grande difficulté

La profession se sent oubliée des aides annoncées par le gouvernement.

Modifié : 18h05 par
Infirmière libérale
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Agriculteurs, routiers, pêcheurs...face à la hausse des prix du carburant, le gouvernement a annoncé des aides pour les "gros rouleurs". Certaines professions se sentent oubliées, comme les infirmiers libéraux, alors que la flambée des prix bouscule leur quotidien.

Chaque kilomètre est compté

"On a un quotidien qui est déjà difficile à la base et la hausse du carburant remet encore des charges sur nos cabinets. Il faut savoir qu'on se déplace pour 2,75€ au domicile des gens. Maintenant, on doit réfléchir au nombre de kilomètres que l'on fait pas jour", raconte Oriane, infirmière libérale dans les Ardennes, dans le secteur de Rimogne.

Sur le dernier mois, le budget carburant d'Oriane a augmenté d'environ 150 euros.

Des soins refusés

Quand on doit se déplacer pour une prise de sang ou une injection sur une commune à 7 ou 8 kilomètres de notre cabinet, ce n'est plus rentable. C'est quelque chose de très compliqué pour des infirmières de refuser des soins mais malheureusement, il y a une réalité économique", poursuit celle qui est infirmière depuis plus de vingt ans.

"À l'heure actuelle, les gens se plaignent parce que les médecins ne se rendent plus à domicile. À l'avenir, il va falloir qu'ils se préparent à ce que les infirmiers libéraux ne se déplacent plus et reçoivent dans leur cabinet. Ça va être très dommageable pour les personnes âgées, les plus vulnérables et ceux qui ne peuvent pas se déplacer."

Une transition vers l'électrique très compliquée

Et passer à la voiture électrique pour réduire la facture, certains l'envisagent, mais ce n'est pas une mince affaire pour cette profession.

"Pour les infirmières qui travaillent en campagne, c'est parfois 200 ou 250 kilomètres par jour. On se retrouve à investir dans une voiture qui coûte 35000 euros, or nos cabinets n'ont plus les moyens pour de tels investissements."

"On a aussi très peu de temps de recharge. Quand on rentre à 20h30 et qu'on repart à 6h du matin, il faut que la voiture soit complètement rechargée, ça voudrait dire des investissements à notre domicile pour pouvoir utiliser une voiture électrique."