❮
❯

Musée Rimbaud : polémique autour de l’œuvre d’un artiste poursuivi pour viols sur mineurs

La Ville de Charleville-Mézières ne prévoit pas de retirer l’œuvre de Claude Lévêque du musée Arthur Rimbaud, notamment en raison de l’ampleur et du coût des travaux nécessaires.

Modifié : 10h56 par
Musée Rimbaud

La polémique se poursuit autour de l’installation « Le Cadran », de Claude Lévêque, exposée au musée Arthur Rimbaud à Charleville-Mézières. Dans une tribune publiée dimanche dans Libération, deux pédopsychiatres, Maurice Corcos et Gérard Pirlot, ainsi que l’ancienne ministre Juliette Méadel demandent à la Ville de retirer "maintenant" l’œuvre de l’artiste.

Cette demande intervient après l'annonce, début septembre, du renvoi de Claude Lévêque devant une cour criminelle pour des faits de viols et d’agressions sexuelles sur trois mineurs, commis entre 1989 et 2007. La présomption d’innocence s'applique à l'artiste jusqu'à une éventuelle condamnation.

Une œuvre de 2014

Dans un communiqué publié mardi 29 septembre, la municipalité indique que l’œuvre n’a pas été choisie par l’équipe municipale actuellement en place. Elle rappelle qu’elle s’inscrit dans la rénovation du musée décidée avant 2014, sous l’ancienne municipalité.

"Le Cadran n’est pas un tableau que l’on décroche. C’est une installation monumentale intégrée à un mur du bâtiment historique. La retirer suppose un chantier considérable. Et les travaux ont cette désagréable particularité de coûter de l’argent", indique la commune.

La mairie s’interroge ainsi sur le financement d'une éventuelle dépose : " Alors, qui paie ? Ceux qui ont choisi cette œuvre ? Mme Méadel et les signataires de sa tribune ? Ou les contribuables de Charleville-Mézières ? ", écrit-elle.

La municipalité condamne les faits reprochés

Tout en refusant de retirer l’installation à ce stade, la Ville affirme se tenir " aux côtés de ces victimes " et condamne "avec la plus grande fermeté " les faits reprochés à Claude Lévêque. Elle estime par ailleurs que la polémique autour de l’œuvre ne doit pas détourner l’attention de la question des victimes de pédocriminalité.